Encadrement des loyers à Marseille : comprendre le périmètre, les règles applicables et les mécanismes qui plafonnent les loyers pour protéger locataires et bailleurs dans un marché tendu.
l’essentiel à retenir
Ce dossier synthétise les points-clés à connaître sur l’encadrement des loyers et son application — ou non — à Marseille. Il reprend la genèse législative, le rôle des observatoires, les cas où des loyers plafonnés s’appliquent, et les outils à la disposition du bailleur et du locataire. Chaque élément est conçu pour donner des repères opérationnels, depuis la fixation du montant jusqu’aux recours possibles.
- Périmètre d’encadrement : Marseille n’est pas, à ce jour, soumise au mécanisme strict d’encadrement généralisé tel qu’il existe dans certaines métropoles, mais la loi ELAN permet une déclinaison locale par arrêté préfectoral.
- Règles de fixation des loyers : le loyer de référence majoré et minoré guide la fixation dans les villes concernées ; le bail doit mentionner ces montants le cas échéant.
- Cas d’augmentation autorisée : révision liée à l’IRL, travaux d’amélioration (avec conditions chiffrées), et rattrapage en cas de loyer sous-évalué, sous conditions strictes.
- Restrictions liées au DPE : depuis 2022, certains logements classés F ou G sont soumis à des interdictions d’augmentation ; le diagnostic de performance énergétique est central.
- Recours : commission départementale de conciliation (CDC), puis juge des contentieux de la protection pour les litiges de loyers et de compléments de loyer.
Pour illustrer le fil conducteur de ce texte, imaginons le parcours des Durand, un couple qui cherche à louer un appartement près du Vieux-Port. Leur expérience permettra d’appliquer concrètement chaque règle abordée.

Encadrement des loyers à Marseille : périmètre d’encadrement et zones tendues
La notion de périmètre d’encadrement désigne la délimitation géographique où s’appliquent des règles spécifiques pour plafonner les loyers. En France, l’encadrement des loyers repose sur des arrêtés préfectoraux qui définissent des zones tendues et des loyers de référence adaptés à la typologie des logements. Pour certaines agglomérations comme Paris, Lyon ou Bordeaux, ce périmètre est explicitement fixé et les bailleurs doivent suivre des règles de fixation des loyers précises.
Dans le cas de Marseille, la situation est particulière : la ville présente une forte attractivité et une demande locative élevée, mais elle n’est pas, à ce jour, soumise à un dispositif d’encadrement généralisé identique à celui de Paris. La loi ELAN permet toutefois au préfet, après avis des observatoires locaux, d’instaurer l’encadrement sur un périmètre donné. Concrètement, cela veut dire que le périmètre d’encadrement peut évoluer : une décision préfectorale peut acter l’entrée en vigueur du dispositif pour certains quartiers si les critères de tension du marché sont remplis.
Pour le bailleur et le locataire, cette imprécision territoriale impose une vigilance particulière. Les Durand, cherchant un T2 près du Vieux-Port, s’interrogent : le quartier est-il concerné ? Le réflexe clé est de consulter l’observatoire local des loyers et de vérifier les arrêtés préfectoraux. Les observatoires publient des outils de simulation qui permettent d’identifier le montant de référence selon la surface, le nombre de pièces et l’ancienneté de l’immeuble. Ces simulateurs existent pour d’autres métropoles et peuvent servir d’exemple pratique quand on établit une stratégie de location ou d’investissement, comme présenté dans des retours d’expérience comparatifs, par exemple l’encadrement à Bordeaux.
Le périmètre n’est pas seulement une carte : il influe sur le rédacteur du bail d’habitation. Si le logement se situe dans une zone soumise à encadrement, le contrat doit indiquer clairement le loyer de référence et, le cas échéant, le loyer de référence majoré. L’absence de ces mentions peut donner lieu à des contestations. Les Durand, conseillés par une agence locale, vérifient systématiquement la présence de la mention du loyer de référence majoré sur toute fiche descriptive et sur le bail d’habitation. Ils évitent ainsi les annonces qui affichent des loyers manifestement supérieurs au marché.
En pratique, le périmètre d’encadrement s’accompagne de règles d’affichage dans les annonces, d’obligations d’information pour les bailleurs et d’outils de contestation pour les locataires. Par souci de transparence, il est recommandé d’utiliser les comparaisons réglementaires (observatoire local) et d’examiner des marchés voisins pour affiner les décisions : une lecture des niveaux de prix dans d’autres villes attractives comme Arcachon peut être utile pour situer un marché régional, voir par exemple le point sur le prix au m² à Arcachon.
Insight final : vérifier le périmètre applicable pour chaque adresse reste la première étape incontournable avant toute négociation de bail d’habitation.
Règles de fixation des loyers : loyer de référence, loyers plafonnés et compléments de loyer
Les règles de fixation des loyers sont au cœur des tensions entre protection des locataires et rentabilité pour les bailleurs. Le dispositif repose principalement sur la notion de loyer de référence — un seuil statistique qui sert de repère. Lorsqu’un territoire est soumis à encadrement, deux valeurs sont souvent mentionnées : le loyer de référence minoré et le loyer de référence majoré. Entre ces deux bornes se situe l’amplitude admise pour le loyer de base hors charges.
Le bailleur doit inscrire dans le bail d’habitation le loyer de base, ainsi que le loyer de référence en vigueur à la date de signature. En cas d’absence de ces mentions, le locataire dispose d’un délai pour demander la mise en conformité par lettre recommandée, puis, en cas de non-réponse, peut saisir la commission départementale de conciliation ou le juge pour obtenir une diminution et le remboursement des trop-perçus.
Un point souvent mal compris concerne le complément de loyer. Il s’agit d’un supplément autorisé lorsque le logement présente des caractéristiques exceptionnelles (vue sur mer, prestations haut de gamme, emplacement exceptionnel). Pour appliquer un complément, deux conditions doivent être réunies : le loyer de base atteint le loyer de référence majoré et le bail doit justifier, poste par poste, le caractère exceptionnel du bien. Depuis le 18 août 2022, un complément peut être interdit si le logement présente des défauts rédhibitoires (sanitaires sur palier, signes d’humidité, DPE de classe F ou G, etc.).
La jurisprudence et la pratique administrative obligent le bailleur à preuve solide : la justification du complément repose sur des pièces (photos, devis, diagnostics) et sur la description dans le bail d’habitation. Les Durand, qui visitent un appartement rénové, demandent systématiquement la ventilation des éléments qui pourraient constituer un complément — et refusent toute capacité d’acquérir sans explication détaillée. Les propriétaires qui ne peuvent pas justifier le supplément s’exposent à des demandes de remboursement et à des sanctions administratives.
En dehors des périmètres d’encadrement, les règles de fixation restent encadrées par d’autres mesures : l’IRL permet la révision annuelle du loyer si une clause est prévue ; les hausses liées aux travaux suivent un régime particulier (travaux représentant au moins 50 % de la dernière année de loyer ouvrent droit à une majoration plafonnée). À ce propos, il convient de consulter des ressources spécialisées pour des cas concrets : un propriétaire-investisseur peut s’inspirer d’approches d’investissement locatif pour structurer ses travaux et sa communication.
Enfin, la distinction vide / meublé change la donne sur l’application de certaines règles (notamment l’étalement des augmentations lors d’une réévaluation par accord ou par décision judiciaire). Pour le locataire, la possibilité d’agir contre un loyer trop élevé est réelle : sa demande peut être instruite par la CDC et, si nécessaire, par le juge des contentieux de la protection. Les Durand, méthodiques, conservent des références comparatives (6 références de logements comparables exigées en cas de réévaluation).
Insight final : inscrire le loyer de référence et la nature de tout complément de loyer dans le bail d’habitation protège les deux parties et limite les litiges.

Loyers plafonnés, travaux et règles d’augmentation : comment ça se calcule ?
Quand un loyer peut-il être augmenté ? La réponse dépend de la date de signature du bail, de la classe DPE du logement, et des interventions réalisées dans le bien. Les mécanismes principaux sont les suivants : révision annuelle liée à l’IRL (si clause), augmentation à l’occasion d’une relocation après travaux, et rattrapage si l’ancien loyer était manifestement sous-évalué. Chacune de ces pistes obéit à des plafonds et des conditions précises.
Première situation : le loyer n’a pas été révisé depuis 12 mois. Si le bail est remis sur le marché, le propriétaire peut appliquer la variation annuelle de l’IRL à la date de signature du nouveau bail, sauf interdiction liée au DPE (interdiction d’augmenter pour les logements classés F ou G). Cette règle prévient les révisions trop fréquentes et impose un cadre transparent.
Deuxième situation : travaux financés par le bailleur. Deux seuils sont essentiels : si le montant des travaux atteint au moins 50 % de la dernière année de loyer hors charges, le loyer annuel peut être majoré de 15 % du coût TTC des travaux, dans la limite du loyer de référence majoré. Si les travaux atteignent au moins l’équivalent de la dernière année de loyer et ont été faits depuis moins de six mois, le nouveau loyer peut être fixé librement, toujours dans le respect de la législation DPE. Ces conditions sont pensées pour encourager la rénovation tout en limitant les hausses abusives.
Troisième situation : loyer sous-évalué. Lorsque le dernier loyer pratiqué est très inférieur aux loyers de marché pour des logements comparables, une augmentation peut être envisagée. Elle ne peut toutefois pas excéder 50 % de la différence entre le loyer de marché estimé et l’ancien loyer, et reste contrainte par le loyer de référence majoré. Pour démontrer la sous-évaluation, le bailleur doit produire des références locales de loyers comparables ; le locataire peut contester et saisir la CDC.
Procédure et preuve : toute augmentation significative doit être notifiée au locataire selon des modalités légales (lettre recommandée, acte d’huissier ou remise contre récépissé) et, dans le cadre d’une réévaluation, informer le locataire au moins six mois avant la fin du bail. En cas de refus, la résolution passe par la CDC puis éventuellement le juge. Les Durand, dans leur recherche marseillaise, ont appris à demander à leur bailleur la preuve des travaux et la ventilation des coûts avant d’accepter une hausse.
Les dispositifs locaux d’encadrement — quand ils existent — imposent des obligations supplémentaires : mention du loyer de référence majoré dans le bail, affichage dans l’annonce, et justification pour tout complément. Pour des exemples pratiques de contentieux ou de révision liée au DPE, certains retours concrets sur la gestion des DPE périmés peuvent aider à anticiper les dossiers, voir le dossier sur la révision liée au DPE périmé.
Insight final : toute hausse doit reposer sur des éléments vérifiables (travaux, IRL, références de marché) et respecter les plafonds imposés par le loyer de référence.
Pratiques et conseils concrets pour bailleurs et locataires à Marseille
Ce dernier volet rassemble des conseils pratiques, issus de l’expérience terrain, pour négocier et sécuriser un bail d’habitation à Marseille. Le fil conducteur suit le parcours des Durand : préparation à la visite, vérification des mentions légales, négociation, et recours en cas de litige.
Pour le locataire : demander systématiquement le montant du loyer de base hors charges et la référence applicable, conserver toutes les fiches de visite et demandes écrites, vérifier le DPE et exiger sa mise à jour si nécessaire. En cas d’annonce affichant un loyer proche du marché mais supérieure au loyer de référence majoré (si applicable), il est possible d’adresser une mise en demeure au bailleur pour régulariser la situation.
Pour le bailleur : documenter la fixation du loyer (comparables, études de marché), inscrire clairement dans le bail la ventilation loyer de base / complément, et justifier tout surcoût par des pièces (factures, devis). Les propriétaires tentés par la location saisonnière doivent évaluer les impacts : un basculement massif vers les locations courtes peut réduire l’offre à l’année et modifier la perception du marché.
Conseils de terrain : recourir à une agence locale ou à un expert DPE pour sécuriser les diagnostics ; utiliser les observatoires pour définir un loyer compétitif ; anticiper les échanges de courriers recommandés pour les réévaluations. Les Durand, en visitant trois appartements à proximité du port et un autre à La Joliette, ont comparé l’état du DPE, la présence d’un ascenseur et la vue, et ont noté comment ces éléments impactaient la justification d’un éventuel complément de loyer.
Petit clin d’œil pratique : pour situer un bien dans un ensemble plus large, il peut être utile d’observer l’évolution de quartiers voisins et des marchés touristiques. Des retours sur des secteurs différents (par exemple, expériences d’achat ou de location dans le Var ou en Gironde) enrichissent la perspective : lire un reportage sur des quartiers dynamiques ou sur le prospects d’emploi et quartiers peut aider à anticiper la demande locale. De même, comparer des quartiers comparables (comme un retour d’expérience sur le quartier Lalande à Toulouse) offre des repères utiles pour fixer une stratégie locative.
Liste pratique des étapes avant signature du bail :
- Vérifier la présence du loyer de référence inscrit sur le bail d’habitation.
- Contrôler le DPE et demander les diagnostics à jour.
- Demander des références comparables (6 au besoin lors d’une réévaluation).
- Obtenir la justification écrite de tout complément de loyer envisagé.
- Conserver toutes les communications écrites et photographies de l’état des lieux.
Insight final : transparent, documenté et prudent — tels sont les maîtres-mots pour louer ou gérer un bien à Marseille sans mauvaises surprises. Par Claire Martin, spécialiste de l’immobilier dans le Var.
